Père, pardonne-leur..."
Samedi 5, mon smartphone chauffe...c'est le groupe cyclos sur WhatsApp. Cela m'évoque directement le lundi matin à l'accueil
d'un établissement fléronnais où j'ai pu assouvir mon sadisme durant 41 ans. Je revois la secrétaire me récitant la litanie de mes collègues
absents : "Tuche a rendez-vous chez le notaire, Tartempion est en formation en Irlande, Sacavin soigne sa migraine en se bourrant
d'Alka Seltzer, Vieilledent est cloué au lit avec une bronchite, Lesecque garde ses enfants et Lepourry, qui habite à 5 kilomètres,
est empêché par la grève des bus ; ah! quelle différence avec Lubanski pour qui monter les escaliers s'apparente à escalader l'
Everest, mais qui, vivant, ne manquera pas une heure de cours."
Dimanche matin, surprise ! 22 cyclos sont présents pour "déguster" un plat surgelé insuffisamment réchauffé et sorti à la
dernière minute par un Steve surmené.
9 heures...pas de voiture suiveuse...Nadine n'a pas consulté le carnet pour voir que l'heure était avancée? Les cyclos
piaffent, David multiplie les tours de parking.
9 heures 15, la Toyota pointe calmement le bout de son capot.
Que celui qui n'a jamais succombé à un désir matinal irrépressible leur jette la première pierre !
Patrick, épuisé, restera derrière le volant...à moins qu'il n'ait craint pour sa voiture.
A part quelques problèmes de communication et les râleries hebdomadaires d'un Tifosi (cette fois sur un début de parcours plat beaucoup trop long...une année supplémentaire au compteur ne l'a pas changé), rien de spécial à signaler avant la pause.
Durant celle-ci, Patrick nous apprend qu'un fin limier liégeois mène une enquête à Lincé alors que les suspects sont en vadrouille
à Jehanster. Cette nouvelle n'a guère perturbé le colosse, convaincu de les retrouver chez leur dealer une heure trente plus tard.
Cédric se retrouve régulièrement seul en tête du groupe, son partenaire multipliant les arrêts d'urgence ... passé le cap de la
cinquantaine, il est vivement conseillé de surveiller attentivement l'entourage du Petit Serpent Arroseur.
A l'approche du zoning des Plénesses, des cris rebondissaient dans le peloton, on avait perdu D.G., le contraire était impossible...on ne l'entendait pas ; le parcours était-il trop vallonné ?
Tempête dans un verre d'eau qui a semé la confusion et la déconcentration des ouvreurs dont la manoeuvre pour s'arrêter était potentiellement dangereuse et n'a pas amusé (litote) ceux qui étaient dans leur sillage immédiat...
Avertissement sans frais qui fait partie de l'apprentissage !
Quelle mouche a piqué un groupe d'adolescents attardés à la sortie du rond-point d'Outre-Cour.
Oubliée la devise que nous enviaient bien des clubs "On part ensemble, on rentre ensemble"; obnubilés par leur potacherie, ils se battaient
les couilles de la prévisible engueulade présidentielle, mieux, cette éventualité les rendait extatiques ; il fallait les voir au CSS fiers comme
Artaban et se congratulant comme s'ils avaient remporté le tour des Flandres.
En réalité, quel exploit avaient-ils réalisé ? Ils avaient disloqué un groupe de cyclotouristes en fin de rando, abandonné celui qui s'était dévoué
pour sécuriser le dernier carrefour et qui a vainement tenté de recoller à 50 km/h dans le sillage de la voiture suiveuse (témoignage
de Patrick),ignoré les règles les plus élémentaires de prudence, le nez dans le guidon, la lucidité en berne au sein de la circulation...
pour égaler la moyenne de Pogacar ...sur 1km500 de plat !!!
Pathétique, mais il faut bien que jeunesse se passe...pour certains, cela commence à être long.
La conduite d'Ugo fut une nouvelle fois irréprochable...cherchez l'erreur.
Scène surréaliste à la cafétéria. Alors qu'on s'attendait à une prise de parole musclée du Président pour remettre l'église au milieu
du village, il nous a gratifiés d'une prière, souvenir du temps béni où acolyte il recevait des sucettes à l'anis en guise de récompense.
"Prenez et sucez en tous, car ceci est la vie."
J'étais à peine remis de cette scène vaudevillesque que le Tout-Puissant nous a déclaré son amour, puis s'est agenouillé devant
le Grand Gourou et l'a supplié : "Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu'ils font."
Je dois me rendre à l'évidence, j'ai été embrigadé dans une secte à l'insu de mon plein gré.
J'ai sifflé les deux verres offerts par André ( qui a été gracié sur-le-champ) et Daniel et j'ai fui...ADIEU

