Le Cactus de Bruno

La Présidentielle.

 

Prologue Jeudi, le site des cyclos est en effervescence , les messages affluent pendant des heures pour célébrer l'anniversaire de notre D.J.et linguiste préféré, certains essayant même vainement de plagier son style incomparable...en faisant une faute d'orthographe dans un commentaire râlant sur le correcteur infaillible.

 

14 heures 17, message de notre "dénideur" attitré (les Ukrainiens ont bien leurs démineurs !) parti en éclaireur à la recherche d'éventuels nids-de-poule qui jalonneraient (sait-on jamais) notre future rando. Première portion de route en très mauvais état.

 

14 heures 53, belle gamelle dans un nid de cigogne : contusions multiples et dégâts matériels...les félicitations font place aux voeux de bon rétablissement. Vendredi,8 heures 36, José tout guilleret nous annonce que Isaiach a pointé le bout de son nez; le Patriarche est bien modeste quand il l'imagine cycliste de l'envergure de Papy et Tonton; moi, je le vois dans la lignée d'un certain Jésus...à peine né, il réalise un miracle : oubliés les bobos, José sera au départ dimanche . (N.D.L.R.: Un communiqué de dernière minute nous apprend que les routes wallonnes n'ont rien à envier aux catalanes: un cyclotouriste belge quelque peu maladroit n'a pu éviter un nid-de-poule...il s'en sort avec des blessures superficielles).

 

18 cyclos et 1 mécano assistent avec une émotion difficilement contenue à l'accolade et aux congratulations réciproques des deux Aliens qui ont vaincu l'un, les Strade et l'autre, les Pavés. Personnellement, bien que les problèmes de prostate soient loin derrière moi, j'ai eu une irrépressible envie de p.....et ai donc loupé l'échange courtois entre le financier et le flexi-jobiste. Jaseur, crécelle, causeur, pipelette, jacasseur ont alimenté la rumeur à tel point qu'un comité de gestion restreint s'est réuni en urgence pour établir une convention collective unilatérale. Si j'ai bien compris l'origine de cet échange de civilités, le travailleur se serait plaint de la pénibilité de son travail et d'une rétribution revue à la baisse ; vu que le financier se montrait inflexible, lui, il aurait remis sa démission.

Concernant le premier argument, je ne peux qu'être d'accord avec le demandeur ( que nous appellerons Guy pour la commodité du récit) ; n'étant vraiment pas un fan de la foire agricole, je conçois aisément que fixer des BBB pendant trois heures ne soit guère aphrodisiaque ; quant à la rémunération, je trouve Guy aussi naïf que le savetier de La Fontaine (ndlr : il ne s'agit pas du chanteur, mais d' un homme qui écrivait des historiettes au XVIIème siècle). Un indice aurait dû néanmoins lui mettre la puce à l'oreille...la couleur de nos nouveaux équipements. L'arrivée de l'Arizona au gouvernement n'a certes pas métamorphosé Jack (nom d'emprunt), mais l'a conforté dans ses prises de décision. Avec son slogan "Raideur! Raideur! (oups! le lapsus!)...

Rigueur! l'idée d'inverser le cliquet ne risque pas d'effleurer son esprit. Jusqu'au ravitaillement, je n'ai entendu que des commentaires élogieux à l'adresse des ouvreurs qui, enfin, respectent de nouveau la philosophie d'un club cyclotouriste : quel plaisir de rouler de la sorte ! Nadine profite de la pause pour photographier le postérieur de ses coéquipiers, assurément un cliché à conserver dans les annales du club. Sans se départir de son flegme imperturbable, Ugo attend le moment du redémarrage pour signaler un problème à sa roue...

Steve opère le changement. On siffle la fin de la récré, que les emmerdes commencent! Bercés par les couinements poussés par le vélo du benjamin, nous nous dirigeons vers la côte de Gulpen quand un cri devenu familier nous arrête...celui qui, quatre jours plus tôt, se prenait pour Roger De Vlaeminck attend d'être en notre compagnie pour crever. Bis repetita non placent, "Mister O". A Henri Chapelle, pour la première fois en 29 ans, j'ai été amené à sécuriser un carrefour...des capitaines de route étaient manifestement toujours en mode "pause".

Henri Chapelle ! Cette commune joue manifestement un rôle très important dans l'histoire de notre club. Naguère, certains cyclistes s'y sont mués en pugilistes pour régler un différend "écologico-urinaire". Ce dimanche, le Président ( un frelon l'a-t-il piqué ?) s'y est lancé dans une manoeuvre pourtant honnie dans toutes les écoles cyclistes : une "Laruelle", qui consiste à passer devant le groupe, accélérer de plus en plus sans se retourner avant minimum 1 kilomètre...et s'apercevoir que personne n'a suivi. Conséquences : une immobilisation de 20 minutes, Nadine au bord de la crise de nerfs, Jean Charles sniffe un petit coup...reprise sur les chapeaux de roue. Lorsqu'on retarde le groupe à ce point, il est de coutume de payer un verre à l'apéro (nous comprenons l'absence diplomatique de ce dimanche...mais nous avons démontré notre patience). En hommage à cette prestation de haut vol, je suggère qu'on rebaptise cette rando "La Présidentielle" vu qu'elle restera à jamais ancrée dans la mémoire de tous les cyclos présents. Pour fêter l'anniversaire de notre échevin cyclo, un apéro spécial nous attendait à notre arrivée au centre sportif; il avait veillé à ce que nous ne restions pas sur notre faim, nous nous sommes régalés (merci encore aux absents).

François a franchi un cap essentiel dans une vie, celui de la maturité ( certains ne le franchissent jamais). Son succès électoral, il le devait à son pouvoir de séduction, à son charme irrésistible ; tout en conservant ses "fans" actuels, il va pouvoir toucher une autre frange de la population et j'imagine le raz-de-marée aux prochaines élections...les autres candidats seront dans le même état d'esprit que les adversaires de Pogacar au départ d'une course. Papy nous a également offert un verre pour célébrer dignement la naissance de son petit-fils.